Beaujolais nouveaux : halte aux idées reçues ! - Terre et vigne
Beaujolais nouveaux : halte aux idées reçues !
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Beaujolais-nouveaux

Ce jeudi, nous célébrons l’arrivée du millésime 2016 des Beaujolais nouveaux. Soirées dans les bars, promos dans les supermarchés et sur les sites e-commerces… Vous ne pourrez pas les rater ! Mais êtes-vous sûr de bien connaître ces crus souvent sous-estimés ? Voici un petit topo sur les Beaujolais nouveaux et ses idées reçues.

1) Identiques d’un millésime à l’autre ? 

L’une des idées reçues sur les Beaujolais nouveaux les plus courantes consiste à dire que les millésimes se suivent et se ressemblent. Un préjugé que Fabien Chasselay, vigneron dans le Beaujolais au Domaine JG Chasselay déplore : « les Beaujolais nouveaux ne sont pas des pizzas auxquelles on ajoute des ingrédients. Chez nous il a le goût de vin, du millésime, du terroir et du savoir-faire du vigneron. » Produits à partir de raisin naturels, les Beaujolais Nouveaux répondent à des techniques de vinification qui sont propres à chaque terroir du domaine dans lequel il est vinifié. Son goût plus ou moins fruité varie donc, à l’instar des autres vins de la région, en fonction de la qualité des raisins de chaque millésime. Selon Fabien Chasselay, c’est même le vin le plus difficile à vinifier : « il est tel que le millésime nous l’a apporté. Il n’a pas d’élevage pour adoucir ses tanins ou son côté rustique, que l’on peut retrouver chez les vins de gardes. »

2) Les Beaujolais nouveaux présentent tous des arômes de banane

Pendant des années, les vignerons du Beaujolais ont longtemps produit des Beaujolais nouveaux qui présentaient des arômes de banane. À tel point qu’aujourd’hui, ces caractéristiques sont presque systématiquement associées aux Beaujolais nouveaux. Elles s’expliquent par des levures que les vignerons ajoutaient pour renforcer le goût du gamay. Selon Arnaud Briday, vigneron en Beaujolais au Domaine des Chers, c’est précisément cette pratique qui a nui à la réputation de ces vins : « le Beaujolais nouveau était un bon moyen de faire la promotion de la région il y a 30 ans. Le problème, c’est que cela s’est vite transformé en une fête marketing et que tout le monde s’est mis à faire les mêmes vins, ce qui a provoqué une perte de qualité », constate ce dernier. Un point de vue que Fabien Chasselay conteste : « il faut arrêter de parler du passé. Nous sommes plus les même vignerons, les générations ont changé, évolué et surtout progressé. C’est facile de taper sur les Beaujolais nouveaux. » Soucieux de rétablir une diversité, de nombreux vignerons du Beaujolais ont en effet abandonné cette méthode. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ces derniers préfèrent désormais parler  de « Beaujolais nouveaux », et non de « Beaujolais nouveau ».

3) En Beaujolais, on ne trouve que des Beaujolais nouveaux !

Il arrive parfois d’entendre des consommateurs faire l’amalgame entre les Beaujolais nouveaux et le vignoble du Beaujolais. Cette croyance qui a la vie dure explique en grande partie la réputation dont souffre cette région viticole depuis plusieurs années. Pourtant, il serait dommage de passer à côté de ses nombreuses appellations : Beaujolais Villages, Brouilly, Chénas, Juliénas,Morgon, Moulin à Vent, Saint-Amour… pour citer les plus connues. L’Interprofession des vignerons du Beaujolais envisage même d’étendre la célébration des Beaujolais nouveaux à l’ensemble des vins de la région. « La mayonnaise est retombée sur le beaujolais nouveau, si on compare à la folie des années 80. Ce n’est pas plus mal. Maintenant, c’est plus sérieux. Nous, viticulteurs, on souhaite se réapproprier le beaujolais nouveau qui est vendu à 80 % en vrac. On voudrait donc peu à peu que cette fête devienne celle de tous les vins du Beaujolais », a expliqué à l’Agence France-Presse David Ratignier, vigneron à Saint-Étienne-la-Varenne (Rhône) et vice-président d’Inter-Beaujolais.

Date de publication : 17 novembre 2016

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